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Sous le titre générique de "Vedânta", je regroupe les éléments de diverses voies spirituelles dont j’ai connaissance, car celle que j’ai suivie principalement, de novembre 1987 à décembre 2008, sous la conduite d’un disciple d’Arnaud Desjardins, est justement liée à l’enseignement de l’initiateur de cette lignée, Svâmi Prajnânpad, qui se référait essentiellement à l’Advaïta Vedânta et aux Upanishads, ainsi qu’à un texte intitulé Yoga – Vasishtha, de Valmiki, titré par l’éditeur Arché "Le monde est dans l’âme".
Comme un certain nombre de personnes m’ont connu dans le contexte de cette voie, j’introduis cette page par quelques bribes autobiographiques à propos de cette aventure, qui représente une belle tranche de vie et un sérieux investissement, à tous les points de vue. Le récit succinct de cette expérience peut éventuellement servir à d’autres.
Dans la même ligne spirituelle, je vous signale l’existence du site de Francis, L’Enfant de Coeur - Spiritualité en Occident, dans lequel la spiritualité est déclinée dans les deux sens, en particulier à l'aide de jeux de mots. Humour et profondeur peuvent coexister sur le chemin tracé par Arnaud Desjardins, qui va du moi au Soi. Francis y partage avec vous ses lectures et connaissances sur les grandes traditions et les maîtres associés, mais surtout ce qu’il a perçu de l’Adhyatma Yoga enseigné par Swâmi Prajnânpad et ses disciples.
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03/07/2011, Prologue autobiographique
En 1967, j’ai émis le projet de me rendre en Inde avec un véhicule dans le but de visiter les grands sites archéologiques de Turquie, du Liban et de Syrie, d’Irak, d’Iran et du Pakistan Occidental, puis demeurer un temps dans une école de yoga pour en approfondir ma pratique. J’ai donc contacté différentes personnes afin de recueillir les conseils nécessaires à la bonne fin de ce voyage d’une durée d’un an.
Je reçus d’une artiste peintre qui avait dû séjourner au Tibet -si mes souvenirs sont exacts- une invitation pour le samedi 04/05/1968 qui devait me permettre de la rencontrer à Paris, à son domicile, et assister du même coup à une causerie privée animée par Arnaud Desjardins, dont j’avais vu le film Ashram (1960) bien des années auparavant, et plus récemment Le message des tibétains (1968), mais sans que le réalisateur-commentateur me frappe particulièrement tant j’étais alors sous l’aile d’un autre enseignement initiatique ... d’où la suite de cette histoire qui, vingt années plus tard, a été la cause d’un des grands chocs de mon existence. A la fin de la conférence, étant donné la requête dont elle avait connaissance, je fus présenté à Arnaud par notre hôtesse et nous nous sommes entretenus quelques minutes ... Il repartait en Inde de façon imminente pour 5 ou 6 semaines et ne pouvait pas me recevoir dans l’immédiat. Beaucoup plus tard, j’ai lu dans ses biographies qu’il séjournait alors à l’ashram de son maître Svâmi Prajnânpad.
Daniel Lehmuller à Monsieur Arnaud Desjardins, 22/06/1968
Monsieur,
Lors de notre rencontre chez Madame P..., le samedi 04 mai, vous m’aviez dit de reprendre contact avec vous à la fin du mois de juin. Il me sera difficile d’aller à Paris avant la fin août (je dois d’ailleurs revoir Madame P... à ce moment-là)
Je vous avais en effet demandé des indications précises sur les moyens de rencontrer quelques uns parmi les Maîtres présentés lors de votre conférence. En outre, Madame P... m’a dit que vous connaissiez bien l’Afghanistan.
Je visiterai ces pays au cours d’un voyage (de septembre 1968 à septembre 1969) qui doit me permettre de poursuivre les études que je mène depuis bientôt 5 ans (j’ai 24 ans) sur la Tradition Initiatique.
Sachant par expérience que les milieux où elle se développe sont assez fermés, j’ose espérer que vous n’hésiterez pas à me donner les conseils et les recommandations que nécessite une telle approche.
Avec tous mes remerciements, je vous prie de croire en l’expression de mes respectueux sentiments. DL.
Réponse manuscrite d’Arnaud, le 28/06/1968
Vous en savez assez sur les principes fondamentaux des traditions et des initiations pour deviner que je ne peux vous donner les indications que vous souhaitez comme je vous écrirais des renseignements touristiques. Tout ce qui peut être divulgué l’a été dans mes trois livres, y compris les noms et adresses de certains sages.
Quant au "soufisme" (Taqawaf) afghan, il m’a fallu plusieurs années de peine et de persévérance avant que les portes s’ouvrent. Si vous aviez la possibilité de venir à Paris entre le 22 juillet et le 1° août je pourrais libérer un moment pour vous rencontrer. Je pars demain pour la Province avec mon compagnon de voyage dans l’Himalaya, Sonam T. Kazi. Les informations que vous souhaitez ne peuvent être données qu’oralement.
Par contre je peux vous confirmer que, sauf Lopon Sonam Zangpo, les gourous tibétains dont je parle dans "Le message des tibétains" sont toujours installés autour de Darjeeling et qu’ils acceptent de recevoir les Européens.
Je suis certain que vous trouverez ce que vous cherchez, ce que d’autres Occidentaux ont trouvé là-bas avant vous et trouveront après vous.
Soyez assuré de ma profonde sympathie. AD.
Ce devait être l’époque où Arnaud lançait Le Bost, en Auvergne. Pris par les préparatif de notre future expédition, je n’ai pas donné suite à cette proposition, et je l’ai oubliée ... Les années passèrent ... En 1985, je séjournais au Nord-Est du Mali, dans la région nomade habitée par les touareg Oulliminden ; je comptais y implanter le projet de ma vie, sur lequel je planchais depuis 1965. Ce fut une catastrophe majeure ! Rentré en France, déboussolé, j’ai cherché à comprendre et me suis remis à l’astrologie. Mais celle que je pratiquais depuis 1977 ne m’éclairait pas vraiment sur les causes profondes de cet échec. C’est alors que je rencontrai, à l’occasion d’un séminaire qu’elle animait à Nancy, Irène Andrieu et son astrologie d’évolution, qui m’attira aussitôt. J’ai retrouvé ces notes, extraites de mon journal de l’époque, qui illustre une étonnante et tragique synchronicité : « Samedi 14/06/1986 - L'essentiel de cette période, c'est ma rencontre avec IA. Je l'ai appelée le 05/06 pour un RDV, fixé pour le 29/08, car son carnet est complet et elle part en vacances. Dans l'après-midi du 10/06, suite à une défection, elle me rappelle et m’en propose un autre le Jeudi 12/06 à 15.00 H à Paris, j'accepte. Je me demande si la rencontre avec cette femme et son enseignement ne vont pas entraîner des conséquences importantes pour moi ? »
« Mardi 17/06/1986 - Suite à la consultation d'IA, je songeais qu'en ce moment c'est vraiment un basculement dans ma vie. Jamais je n'aurais pu supposer, samedi, que j'ouvrirais de nouveau ce bloc pour noter qu'AL (*) est mort dans la nuit de samedi à dimanche (14 au 15/06). C'est vraiment une fin de cycle »
(*) AL a été mon premier "maître", pendant 21 ans, de 04/1965 à 06/1986. C’est un peu à cause de lui que j’ai raté le RDV avec Arnaud Desjardins en 1968, a un moment qui aurait pu être crucial, mais j’avais oublié tout cela. Au cours de ce mois de juin 1986, sur le damier de mon existence, un pion a chassé l’autre, comme vous allez le voir ! Ce week end-là (14-15/06) je suis avec des amis en Saône & Loire, où je demeure. Le petit déjeuner dominical me donne l’occasion de leur raconter le rêve étrange que j’ai fait dans la nuit, une scène d’une intensité inoubliable -dont j’ai encore le souvenir 25 ans après : ma rencontre silencieuse avec un moine-ombre encapuchonné, au crépuscule, dans le cadre majestueux d’une haute vallée entourée de montagnes dont les sommets sont encore éclairés par le soleil couchant. A l’extrémité fermée de la vallée, les lumières d’une ville étagée sur les basses pentes commencent à s’allumer. Une cloche sonne sur ma droite, sans doute un monastère, pensais-je, invisible dans un creux déjà rempli de nuit, car j’aperçois un moine qui se hâte en glissant, et croise le sentier où je marche. Il me signifie qu’il est inutile de le suivre, comme j’en ai fugitivement l’intention, je dois poursuivre mon chemin vers la ville, le monde des monastères n’est plus pour moi ... Le lendemain matin (lundi), j’apprends le décès de mon vieil ami, survenu au cours de cette nuit-là ... était-ce un rêve ?
[Note pour les astrologues : A ce moment-là, je sors à peine du carré neptunien de la mi-vie, et le mois de juin 1986 correspond pile à la rétrogradation de Neptune à l’opposé de la conjonction des deux Régents des Noeuds lunaires de mon thème ... Il se joue bien quelque chose d’essentiel]
Pendant l’été, stage avec Irène Andrieu, puis je m’inscris au cours hebdomadaire, à Paris, à partir de septembre. Son enseignement s’inspire visiblement du Bouddhisme (qui ne m’attire pas) et du Vedânta indien (que je connais un peu pour avoir étudié une belle série d’Upanishads dans les années 1970) ; elle parle souvent d’un maître indien et d’un de ses disciples français, dont elle suit alors l’enseignement dans l'ashram qu’il a créé dans le Midi de la France, un certain Arnaud Desjardins. Le nom me laisse indifférent, les maîtres européens ne m’intéressent pas. Par contre, l’indien ... de passage à Nancy dans une librairie spécialisée, je m’enquiers de l’existence d’un ouvrage éventuel le concernant ; la libraire me tend un petit livre tout blanc de L’Originel : « Entretiens avec Svâmi Prajnânpad, présentation d’Arnaud Desjardins ». Les deux photos du Svâmi présentes sur la couverture et au dos du livre me bouleversent ; je règle mon achat et quitte rapidement le magasin en masquant une incoercible émotion, incompréhensible.
Sur le chemin de retour à mon bureau, sis en Saône & Loire, je songe : « Arnaud Desjardins ... Arnaud Desjardins ... ce nom me dit quelque chose ... n’aurais-je pas un livre de lui ? ». Je fonce dans mes rayons (il y en avait 60 m linéaires à l’époque !)... où ai-je pu mettre ce bouquin, s’il existe ? ... ah ! le voici : « Arnaud Desjardins, Le message des tibétains, le vrai visage du tantrisme, La Palatine » ... je feuillette, aucune annotation ... mais pourquoi donc ai-je acheté ce livre ? ... tiens, c’était le 13/07/1968, juste avant mon départ vers l’Inde ... oui, c’est vrai que je voulais rencontrer des "maîtres" au cours de ce voyage ... oh ! une feuille pliée coincée dans les dernières pages, je ne laisse jamais de papier dans mes livres, que fait-il là ce papier ? ... une lettre ?! ... de quoi s’agit-il ? ... je lis ... et une pensée inondée de larmes explose dans ma tête : "Nom de Dieu, j’ai raté Svâmiji, j’ai raté Svâmiji !" ... cette lettre, remisée dans son livre, était celle que m’avait écrite Arnaud le 28/06/1968, et à laquelle je n’ai pas répondu ... Le regret de cette possible rencontre m’a poursuivi des années.
Au fil des mois, ma connaissance de l’astrologie envisagée dans la perspective karmique s’approfondit. Il me devient de plus en plus évident que la clé de mon retentissant échec africain ne peut pas être trouvée par une introspection superficielle, je commence à pressentir que mon intérêt pour le Sahel et ses populations est lié à des mémoires essentielles inatteignables par les voies classiques de la psychologie. Comment les toucher ? Irène Andrieu évoque souvent une méthode cathartique, appelée lying, créée par Svâmi Prajnânpad, utilisée par Denise et Arnaud Desjardins, et certains de leurs élèves. Elle me signale qu’elle en connaît un, très avancé, installé en Belgique non loin de Sedan, qui projette d’ouvrir un centre. Ce serait pour moi une localisation bien plus accessible que l’ashram d’Arnaud, basée près de Nîmes. Au printemps de 1987, je me décide et prends contact avec cette personne.
Daniel Lehmuller à Monsieur P D’A, 16/05/1987
C'est Irène Andrieu qui m'a donné votre adresse ... J'ai 43 ans et je désirerais travailler le lying avec vous. Pouvez-vous me dire si cela est possible et dans quelles conditions ?
Réponse manuscrite, le 01/06/1987
Le travail de purification de l'inconscient est un travail long et difficile, qui requiert une détermination à toute épreuve. Si vous pensez avoir cette détermination, nous pouvons nous rencontrer pour voir dans quelles conditions il pourrait être pratiqué sur vous.
Téléphonez-moi alors au ... le jeudi, entre 20.30 et 22.00 H, pour fixer rendez-vous. De tout coeur.
.22/11/1987 = Entretien 01 (résumé de l’entretien)
Je n'avais pas bien compris que le travail n'était pas essentiellement de faire un relevé des vies antérieures. Il vaut mieux envisager le but suprême : aller vers la vision de l'Unité, développer la capacité de discrimination. Cela me plaît, car on parle d'Intelligence, on est en plein Jnana-Yoga.
La plongée dans les mémoires s'apparente à l'entrée brutale, venant du soleil, dans une pièce sombre. On ne voit strictement rien, puis peu à peu le regard s'habitue et l'on perçoit les objets.
Conditions : pas de zones d'ombre, poursuite irrévocable du travail qui devient dominant dans la vie, ne rien modifier dans son existence sans le dire au guide car les pièges de l'ego sont multiples. Le guide est dans l'acceptation totale et neutre.
Les mois et les années succèdent aux mois et aux années ... de multiples aventures s’enchaînent, entrecoupées des intangibles entretiens avec le guide, complétés par divers séjours en son ashram ardennaise ... et l’Afrique, bien sûr, toujours l’Afrique, l’astrologie aussi ... retour au début des années 2000, j’ai beaucoup de mal à me réadapter à la vie en France ... j’erre, je suis à la fin d’un cycle lunaire de 30 ans, et dans l’attente d’une fin de rétrogradation de Mercure, rien de vraiment nouveau ne peut démarrer dans l’immédiat, il faut patienter, poursuivre le nettoyage intérieur, tout va s’éclairer à partir de 2006. Après tant d’années de quête, je vais certainement trouver enfin mon créneau existentiel, qui m’apportera paix, contentement et sagesse ... Pour intensifier le processus, je songe à reprendre contact avec Arnaud Desjardins, dont l’ashram est maintenant près de Valence, c’est plus proche de chez moi, mais il est devenu une personnalité fort connue du monde spirituel, il doit gérer des milliers d’élèves, nous ne sommes plus en 1968.
Daniel Lehmuller aux Amis d’Hauteville, 28/04/2002
Pourriez-vous me communiquer l’information suivante, merci : modalités à respecter pour participer à l'activité d'Hauteville et mettre en pratique l'enseignement de Monsieur Arnaud Desjardins.
Les amis d’Hauteville, A d’A, 13/05/2002
Daniel, Arnaud Desjardins a bien reçu et lu personnellement votre lettre, mais l’abondance du courrier qui lui parvient est telle, et ses journées sont si remplies qu’il ne peut pas vous répondre lui-même. Aussi m’a-t-il demandé de le faire en son nom puisqu’il me confie le courrier des personnes qui souhaitent nous rendre visite. Je suis certaine que vous pouvez comprendre que son temps et son énergie ont une limite, et que vous n’en ressentirez pas de déception.
A la suite de la venue de chercheurs spirituels que n’étaient pas préparés pour la voie particulière proposée ici, Arnaud a mis aux séjours dans notre ashram des conditions exigeantes se rapprochant de celles qu’il a connues autrefois dans sa propre quête.
Les statuts de l’association précisent qu’elle « regroupe autour d’Arnaud Desjardins les lecteurs de ses livres qui veulent s’engager sur le chemin qu’ils décrivent ». C’est dire combien il est indispensable que ces personnes aient une connaissance préalable de cet enseignement, acquise par la lecture méthodique d’au moins un des ouvrages suivants :
-A la recherche du Soi, -Au-delà du moi, -La voie et ses pièges, -L’Ami spirituel, tous aux Editions de La Table Ronde,
qui donnent les principes et les directives fondamentales pour une réelle mise en pratique.
En outre, un ashram n’est pas un lieu où l’on se rend comme à un stage ou à un séminaire, et la lecture des livres est également précieuse pour ressentir le prix à payer en efforts, en courage, en persévérance. En venant ainsi préparé, vous aurez toutes les chances de profiter de ce qui vous sera proposé pour aller plus loin dans votre recherche.
Si ces vérités correspondent à ce que vous avez entrevu, n’hésitez pas à m’écrire et nous pourrons alors prévoir un séjour, en tenant compte de nos possibilités d’accueil et de votre disponibilité.
Je vous assure de toute ma sympathie, A d’A.
Ce courrier photocopié était personnalisé par la mention manuscrite « Daniel, Je suis en communion avec vous dans votre recherche, Arnaud »
Je perçus que l’on ne pouvait certainement plus mettre en oeuvre dans ce lieu, devenue une sorte d’institution, comme le centre belge il est vrai plus modeste, les relations de maître à disciple dont je rêvais dans ma prime jeunesse, lorsque je trépignais de joie en dévorant Her Bak – Pois Chiche ! (il s’agit bien d’un livre, d’Isha Schwaller de Lubicz, égyptologue). Je ne suis pas allé séjourner à Hauteville. Mon père décède au cours de l’été 2006, et je démissionne d’une activité professionnelle qui m’est devenue intolérable (ce n’est pas un jugement de valeur envers l’activité elle-même). La Lune et Mercure vont bon train !
Eté 2007, c’est l’impasse totale, spirituelle et morale, économique et professionnelle. Rien de ce que j’ai relancé depuis l’automne 2006 ne démarre, et d’un seul coup, vingt années d’études, de réflexions, de paroles, de rencontres, s’effondrent, suite à une brève conversation avec un ami, et la lecture d’une citation qui me fait l’effet d’une gifle : « Le chemin qui n'entretient pas le voyageur n'est pas un chemin sur lequel voyager » (Mikhail Naimy, The Book of Mirdad, Bombay)
De ce "chemin", je ne comprends soudain plus rien, ni ses tenants, ni ses aboutissants. Vingt années d’entretiens qui devaient me conduire à trouver une place juste dans la vie et dans le monde, et peut être "l’éveil" ; et je suis là, avec les mêmes questions, revenu quasiment à la case départ. Que faire ? J’en parle au guide, évidemment ; nous espaçons les entretiens, ce n’est peut être qu’une crise, il faut laisser décanter, voir comment mon ressenti évolue. Je réouvre des livres d’Arnaud ... ça n’a vraiment plus aucun sens pour moi. Début septembre, je croise la piste du Double. Serait-ce la suite ?
.10/12/2008 = Entretien 138 (le dernier)
Le guide et moi-même décidons d’un commun accord d’interrompre les entretiens, je maintiens mon adhésion au centre pour en soutenir l’activité et pour tout ce qu’il m’a donné, je participerai à la prochaine assemblée générale.
But de toute vie spirituelle = atteindre, toucher, rencontrer, ce qui est derrière le jeu des formes.
Il ne me resterait plus beaucoup d'attachements positifs, mais il resterait des attachements négatifs (des refus) sur lesquels je dois travailler.
Suite à cet entretien, mon ressenti est clair, c'est neutre, il n'y a aucun regret, j'ai la sensation que c'est bien arrivé à sa fin.
.05/06/2010 = Assemblée générale de l'association qui réunit les membres du centre.
J’y ai encore participé ... pour voir = j’ai vu !
.01/10/2010 = lettre de démission de l’association :
Nous voici donc arrivés au terme du voyage initié à l’automne 1987, tout au moins pour ce qui concerne le monde des apparences.
Je vous prie d’accepter ma démission de l’association ..., car je ne pourrai poursuivre le soutien du centre comme je l’ai fait en 2010, et comme j’aurais aimé le faire encore, étant donné l’aide procurée à beaucoup de personnes.
Le chemin que nous avons parcouru ensemble m’a beaucoup apporté dans sa partie initiale ; ensuite les échanges se sont ralentis, jusqu’à l’été 2007 où j’ai pris conscience que cette démarche n’avait plus de sens pour moi. Je me suis donné trois années supplémentaires pour m’en assurer. Maintenant c’est tout à fait clair. Merci et avec mes meilleures pensées.
Depuis des années, j’avais envie d’écrire cette histoire, au demeurant assez banale. L’émotion envers le maître indien et les circonstances initiales est toujours présente. Qu’avais-je à voir avec ce très bel enseignement qui, certes, m’a porté pendant des années, mais ne m’a conduit nulle part ? Il est vrai que j’y ai propulsé plusieurs dizaines de personnes, au début des années 1990, grâce à ma pratique astrologique. Pour la plupart, d’après ce que j’ai appris incidemment beaucoup plus tard, ce fut souvent le point d’entrée dans une nouvelle vie, plutôt gratifiante. Cela n’a pas été le cas pour la mienne ; mais ne dit-on pas que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés ?!
En bon Cancer saturnien, je suis tenace et prêt, comme la fourmi d’une histoire de Svâmiji, à recommencer 30 fois la même chose jusqu’à trouver le bon angle, qui me permettra de faire entrer un grain de céréale aussi gros que moi dans le trou d’accès à la fourmilière. Alors, j’ai repris les livres d’Arnaud, d’Osho, j’ai relu des passages au hasard, j’ai réfléchi aux modalités des entretiens et du lying, j’ai rassemblé des observations biographique sur les acteurs de ces enseignements ... et l’évidence m’est apparue : le maître est un substitut apparent du Double ! Il est un élément visible, émetteur-récepteur, dans le meilleur des cas au service de notre évolution, placé sur le circuit informationnel que peut utiliser le Double. Son rôle va dépendre de la qualité de la connexion dont il dispose lui-même. Le problème est que la plupart ignorent l’existence de ce circuit, et qu’il existe de multiples autres canaux nous reliant à l’espace des mémoires et des futurs. Or ces liens peuvent générer de grandes capacités "spirituelles" à ceux qui les utilisent (enseignement prolixe, pouvoir de guérir ou attractif, dons parapsychiques divers, etc.). Parti, dans la candeur et la sincérité de la jeunesse, d’une liaison assez claire et dénuée de risques de distorsion, le guide évolue et, au fil des années, il peut passer sur d’autres canaux, en rapport avec son mode de fonctionnement intime (les pensées qu’il émet, les valeurs de son échelle personnelle qui ne sont pas forcément celles de l’échelle qu’il professe, etc.). Alors, au lieu d’être le vecteur d’un enseignement libérateur, le maître devient progressivement l’agent d’un sérieux parasitage pour ceux qui l’écoutent et le suivent ... C’est un processus très subtil.
Si cela s’avère nécessaire, je reprendrai en détail le protocole du lying pour montrer comment le maître-praticien aide le sujet à se connecter sur les mémoires du Temps 7 afin d’en faire remonter des informations, quelquefois au travers d’un jaillissement irrépressible susceptible d’ébranler toutes les structures de la personnalité. Mais cette catharsis est-elle encore utile ? L’ouverture des portes temporelles, à la fin des années 1980, semble avoir rendu obsolète cette procédure, comme l’est devenue une multitude de méthodes et de techniques, de rituels, dont l’usage était essentiel dans les siècles passés, mais qui ne sont plus aujourd’hui que des enveloppes contenant des informations plus ou moins périmées, ou vidées de leur énergie intrinsèque.
Dans la pratique courante des entretiens, le maître est censé connaître mieux que nous notre programmation karmique, et nous donner des informations vitales dans le sens de notre libération ultime, certes, mais aussi pour vivre bien dans le présent, nous permettre de créer de bons potentiels par nos pensées et d’affronter ou traverser les zones de turbulences de nos existences dans les meilleures conditions possibles. Est-ce toujours le cas ? Ce pourrait être un critère pour effectuer le choix d’un guide efficient (*).
C’est pleinement le rôle du Double, dont les avantages sont évidents : il est toujours disponible (sans rendez-vous, sinon celui du soir), il est gratuit (hormis la brève formation de démarrage) et son usage n’exige aucun déplacement, il nous protège de tous les risques d’interférence de commensaux importuns et manipulateurs en provenance de notre environnement ou d’espaces éloignés ; détenteur authentique de notre feuille de route qu’il burine depuis des siècles, il est apte à nous guider vers les meilleurs potentiels futurs, et à lisser au mieux les aspérités du chemin ... Le Double est aussi nous-même. N’est-on jamais si bien servi que par soi-même ?
(*) Efficient, du latin efficiens, efficere = accomplir, réaliser.
.11/08/2011 - Epilogue : J'ai écrit ce texte début juillet sous le coup d'un ressenti d'urgence, alors que je l'avais en tête depuis fort longtemps ! Il a été publié sur le site vers le 20/07. Arnaud Desjardins a quitté le plan terrestre dans la soirée du 10/08, sans doute suite à un accident cardiaque survenu le 19/07.
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05/07/2011, Point de vue à propos de l’éveil
Pour information, je transcris ici l’une des interventions d’un membre d’un groupe de discussion concernant les phénomènes psychiques auquel je participe. L’échange portait sur la notion "d'élévation spirituelle", que cette personne assimile à "l'éveil" dont parlent les spiritualités orientales.
« J'ai étudié ce phénomène, il y a une vingtaine d'années, à la suite d'un stage dans un ashram du courant Arnaud Desjardins. J'ai beaucoup été aidé par une vidéo sur le père Henri Le Saux. Je peux vous résumer ce que j'en ai tiré :
- Il s'agit d'un phénomène interne qui perturbe beaucoup ceux qui l'ont vécu, - ce phénomène n'apparaît qu’assez rarement ; environ 1% de ceux qui ont essayé de l'atteindre ou chez qui il est arrivé spontanément, - il commence à apparaître sous la forme de flashs, avant de devenir un état plus ou moins permanent, - j'ai rencontré quelques personnes qui ont eu de tels flashs ; elles en ont été très marquées, - il remonte très loin dans l'histoire humaine ; il pourrait même être à la base du chamanisme, - il semble associé à l'arrêt des pensées successives qui occupent notre pensée consciente, - cet arrêt peut être obtenu par des moyens directs : s'immiscer entre deux pensées, méditer -bouddhisme tibétain, ou indirects : occuper le cerveau par des activités répétitives, comme mantra, psaumes, gestes, etc., ou par l'utilisation de drogues, LSD, etc. - l'état de méditation profonde semble identique à celui du jeûne, (suite à des expériences menées sur les sujets adéquats grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui permet de visualiser le fonctionnement cérébral en temps réel) - cet état pourrait amener des pouvoirs parapsychologiques.
Les discussions que vous avez eues me laissent penser que cet état pourrait aussi apparaître dans les NDE -entrée dans la lumière »
[Commentaire : les passages soulignés constituent des pistes de recherche. Il me semble que les intervenants du groupe de discussion confondent l’Eveil stricto sensu dont parle le Vedânta, et les modalités psychiques issues de contacts variés avec ce que l’on appelle le Temps 7 dans l’enseignement du Double. Il n’y a aucune commune mesure entre ces divers états. Mes correspondants sont excusables car la confusion est générale ; il suffit de feuilleter la littérature spirituelle actuellement disponible pour s’en rendre compte. J’ai cru comprendre, au fil de mes lectures, que les véritables éveillés en font rarement état et ne peuvent guère être reconnus comme tels. Voir aussi la page "La Mère, entretien du 08/02/1951, Sri Aurobindo Ashram" dans la catégorie "Textes divers" de la présente section relative à l’évolution personnelle.
Svâmi Prajnânpad, le maître d’Arnaud, auquel on ne peut dénier une certaine compétence dans ce domaine, n’a quasiment jamais évoqué le concept de "l’éveil ultime" (souvent associé à celui de "libéré vivant" dans les textes fondamentaux) dans les enseignements transmis par ses disciples. J’ai trouvé page 91-92 du livre d’Olivier Cambessédès (*), Le Quotidien avec un maître - Svâmi Prajnânpad, éditions Accarias - L’Originel, le seul passage (à ma connaissance) où il en est fait mention : § intitulé "Le rôle de l’homme Libre sur terre". Je le transcris ci-dessous intégralement, car le passage est assez étonnant.
(*) Olivier Cambessédès est l’un des disciples français de Svâmiji ]
« Pourquoi un jour Svâmiji, alors que j'arrivais sur sa terrasse à Ranchi où se trouvait déjà Minati Prakash, une ashrami indienne, s'est-il adressé à nous deux pour nous dire ?. Ce qui signifie en français : Un homme Libre vérifie et justifie la nature. Il y aura toujours un homme Libre sur terre. La nature créera les conditions pour qu'il en soit ainsi, car la nature en a besoin.
Si un autre ashrami n'avait pas été présent avec moi et ne m'avait pas parlé de ce que nous avions entendu : "Olivier, as-tu déjà entendu ce que nous venons d'entrendre, moi c'est la première fois", je n'aurais pas mentionné cet événement, je l'aurais mis sur le compte de mon invention. En effet, Svâmiji ne parlait jamais, à ma connaissance, des hommes ayant atteint l'Ultime, il ne parlait que de notre situation. Svâmiji ne faisait jamais ni pronostic ni promesse.
En revanche, je cite cet événement majeur et je le commenterai peu. Je suis content de pouvoir aujourd'hui témoigner de ce que j'ai entendu car, pour moi, cela m'a donné un sentiment agréable d'ordre planétaire et de la juste place de l'homme dans cette organisation. L'homme n'avait pas à se révolter contre les vicissitudes de la vie, car elles étaient là pour lui montrer qu'il se trompe de chemin s'il en souffre. Bref, ces vicissitudes sont là pour le guider à devenir ce pourquoi la nature l'a fait. Il y a bien d'autres façons d'interpréter ces quelques phrases de Svâmiji sur le rôle de l'homme Libre sur terre, celles ci-dessus ont été les premières pour moi. Svâmiji m'avait dit une autre fois qu'un homme Libre (un Jivanmukta) peut très bien exister en Europe, en Amérique latine ou en Afrique. Ceci me paraît la meilleure réponse à l'affirmation mille fois entendue : "Mais en France, tout cela est impossible du fait de l'athéisme, du cartésianisme, de la méchanceté des gens, de la pourriture généralisée". La liste de ces sottises hautement méditées est illimitée »
J’ai trouvé sur le site que Daniel Roumanoff a créé pour Svâmiji la citation suivante :
« Dans la vie du monde, on saisit toujours un objet particulier. Mais qu’arrive-t-il quand on sent et qu’on réalise qu’il n’y a plus rien à saisir ? Il y a une disparition complète de la conscience du monde, et quand ce sentiment se cristallise, on sent : "Tout est à moi, tout m’appartient". L’éveil n’est rien d’autre que cela » [Entretien du 05/08/1966]
[03/07/2011, dernière version le 25/07/2011]
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